Zoom sur l'enfant
I. Que fait un parent pervers avec son enfant ?
« Cet adulte sait qu’il a, face à lui, un être malléable. Il se sert de l’enfant pour ressentir du pouvoir, pour exister aux dépens de l’enfant et de son énergie. Et jamais l’agresseur ne se remet en question ». La violence perverse dans la sphère privée
> En clair, le parent pervers voit en son enfant une opportunité privilégiée pour créer, à sa convenance, SON œuvre. Ce n’est pas, comme chez un parent lambda, une démarche motivée par le désir d’amener son enfant à un épanouissement et une autonomie. Chez le parent pervers, l’éducation est une méthode pour formater la vie d’un individu destiné à servir les intérêts de son créateur.
« L’enfant n’est plus considéré comme un être en devenir : il n’est qu’un objet. Celui du désir du parent. Il n’a pas droit à son propre désir. » La violence perverse dans la sphère privée
> Suite logique… En effet, le pervers fait un trait sur les aspirations personnelles de son enfant, et invite celui-ci à faire de même. L’enfant ne doit pas se détourner de l’objectif qui est celui d’exister pour (et uniquement pour) ce parent.
Cette manière de faire ne vous rappelle rien ? Pourtant, l’on peut aisément faire un parallèle entre une éducation perverse et l’influence d’un gourou sur ses fidèles. La relation est fondée sur un principe identique :
- pervers / gourou : « Laissez-moi
vous montrer VOTRE voie que je suis seul à connaître »
- enfant / fidèle : « Son intention à mon égard est louable. Sa voie est juste. Je ferai donc de cette voie la mienne. »
II. Que se passe-t-il dans la tête de l’enfant ?
« L’enfant se demande toujours si ce n’est pas lui qui est la source du problème : l’autre étant tellement sûr(e) de lui ou d’elle, on finit par douter de soi ! Ce doute enlève à l’enfant victime toute identité. » La violence perverse dans la sphère privée
> L’enfant intègre le schéma à suivre pour obtenir l’amour de ce parent
pervers : « j’étouffe mes propres désirs… pour prioriser ceux de mon
père (ou de ma mère) ».
« Comme rien ne se voit en dehors, l’adulte est tellement manipulateur qu’il passe fort bien en société, l’adulte étant adulé par l’enfant, l’enfant a la certitude, qu’il n’a pas le DROIT d’exister. Pas droit au bonheur, pas droit à l’enfance. Il n’est plus que l’OBJET de l’adulte agresseur et ne peut plus être SUJET. " La violence perverse dans la sphère privée
> Voici là une base idéale pour le pervers. Ce dernier pourra, à sa guise, faire
de sa progéniture un enfant serviteur, mais aussi…un enfant soldat.
Bien
évidemment, tous les cas de figure sont observables. Fort heureusement, de
nombreux enfants parviennent à développer une lucidité face à cette situation
malsaine, l’environnement (social, familial, amical), l’éducation de l’autre
parent, le caractère de l’enfant intervenant pleinement dans la construction de
son identité.
Mais
le SAP est une réalité, et les enfants qui se rallient corps et âme à un parent
manipulateur, jusqu’à devenir captif de son mode de pensée en rompant
parallèlement tout lien affectif avec son autre parent, ne sont pas un mythe (voir l'invité du mois, Docteur Roland BROCA, sur le site acalpa).
C’est sur ce phénomène sur lequel nous allons désormais nous attarder.