Le pervers en famille
Vous rêvez d’un conjoint aimant, responsable ? Vous faites
don de votre personne pour le bien être de votre famille ? Et bien, si
vous avez la malchance d’avoir un pervers pour partenaire, le quotidien ne va
pas être aussi idyllique…
L’objectif
de cette partie est de présenter, en m’appuyant sur mon
expérience personnelle mais également sur les divers
témoignages et recherches,
les conséquences d’une relation perverse sur les membres
de la famille. Il est impossible de généraliser
ce qui va suivre pour toutes et tous, les situations
n’étant pas aussi
stéréotypées que la personnalité du pervers
lui-même.
Ainsi, la ligne de conduite de ce travail est la suivante : témoigner de la dangerosité d’un pervers
dans la famille. Pour se faire, il est important, à mes yeux, d’étudier la
mise en place du syndrome d’aliénation parentale (SAP), forme ultime (mais fort heureusement non systématique) de manipulation
perverse et de destruction familiale
sur laquelle nous reviendrons plus en détail dans la partie appropriée.
Voici donc les prémices d’un cauchemar éveillé pour le conjoint
d’un pervers :
1ère étape : le flou artistique
Comme nous l’avons vu dans la première partie, le quotidien avec un pervers n’est pas de tout repos. En effet, alors « que la famille ou la personne avec qui l’on a un lien d’amour est censée nous aimer, nous réconforter, nous protéger, il arrive, qu’au contraire, l’on soit brimé, insulté, rabaissé ». La violence perverse dans la sphère privée
Cette affirmation qui paraît évidente, voire logique, lorsque l’on
sait que le conjoint en question est pervers narcissique, n’a aucun sens au
début d’une relation avec celui-ci.
> Le premier souffle de la
tempête est le suivant : un sentiment d’INCOMPRÉHENSION
et d’IMPUISSANCE impossible à
formuler.
« Très souvent les sentiments que l’on ressent ou le lien de dépendance qui nous lient à cette personne nous empêchent de comprendre, de prendre conscience, de réagir. »
La violence perverse
dans la sphère privée
Ce malaise qui ne se dissipera pas, va conduire le partenaire
victime à chercher des explications.
> Première explication envisagée : le pervers est MALADE et a besoin d’une aide PSYCHOLOGIQUE.
La
première piste va rapidement perdre son sens. En effet, si le pervers accepte
la consultation avec un professionnel, celle-ci s’avérera tout sauf salvatrice.
Dans cette situation, le partenaire victime perçoit souvent le psychologue
comme incapable de mesurer l’urgence de la situation.
> Conséquence : le sentiment d’impuissance s’affirme, sentiment sur lequel se greffe une grande SOLITUDE.
*
Visiblement,
personne ne s’affole, et ce même après le SOS
lancé auprès du corps médical dans un premier
temps, mais également auprès de l’entourage proche,
sceptique vis-à-vis d’une inquiétude qui ne semble
pas fondée.
> La victime, se sentant incomprise, S’ISOLE.
« Autour de soi pas de soutien car le pervers passe toujours pour quelqu’un de formidable. Evidemment ! Ne vous en désolez pas : puisque son arme, c’est la séduction. Ne tentez pas de convaincre vos amis ou les gens de votre famille. C’est inutile. Plus vous tenterez et plus vous heurterez leur logique et crisperez leur refus ! Eliminer les faux amis. N’essayez pas de convaincre ceux qui ne vous croient pas. Le pervers narcissique sera toujours plus fort que vous dans l’adversité. »
5ème étape : Et ça continue, encore et encore...
La tempête est là. Elle ne cesse de s’amplifier. Le partenaire
victime, regardant le spectacle avec la plus grande inquiétude, constate que
ses efforts n’ont servi à rien ! Ses réflexions repartent de plus belle,
et le pervers finit par devenir, à ses yeux, un destructeur incompréhensible et
incontrôlable.
> Tous les efforts sont alors dirigés
vers les enfants qui sont de plus en plus mal : le partenaire victime fait
tout pour les RASSURER et les PROTEGER en cultivant un quotidien
vivant et animé.
6ème étape : « Le toit va-t-il finir par s’envoler ? »
« Mais que cherche-t-il (elle) en voulant détruire sa
famille ? En est-il (elle) conscient ? Est-il (elle) malade ?
Suis-je son partenaire ou sa mère ? ». Ayé, le toit vacille, craque. La
réciprocité dans la relation est absente. Supporter en silence s'avère impossible.
> L’idée d’une RUPTURE se dessine, et les questions qui y sont
associées hantent le partenaire victime. Les conséquences que pourraient
engendrer ce choix sur la protection des enfants sont terrifiantes, et
conditionnent son choix.
« La force du
pervers : un instinct très fort et troublant, certaines victimes sont
effarées et il leur semble que leur agresseur a une sorte de clairvoyance
démoniaque : si on tente de déjouer son attention, on a l’impression qu’il
sait tout. Lorsqu’il sent que vous allez vous en aller, lorsqu’elle pressent
que vous avez compris, la fureur redouble ! »
Il est rare qu'un conjoint victime ne tente pas de faire face à la
situation, et ce même après avoir envisagé une rupture. C’est ainsi que
celui-ci va continuer à supporter l’insupportable, tout en ayant acquis une
lucidité qui n’échappera pas au pervers.
> La distance mise en place avec le conjoint pervers va finir par faire éclater son DESIR DE DESTRUCTION au grand jour.
8ème étape : Les enfants, ou une nouvelle arme de guerre pour le pervers
C’est
ainsi que le conjoint victime ne sera plus en mesure de
protéger ses enfants, désormais impliqués
ouvertement dans un conflit d’adultes
par un pervers en mode « attaque ». De fait, les
enfants seront amenés à prendre partie pour l’un ou
l’autre parent.
> Des ROLES SPECIFIQUES sont alors attribués aux parents (l’un est
victime, l’autre est l’agresseur), rôles réels ou non, définitifs ou
interchangeables. Quoiqu’il en soit, cette étape, construite progressivement au
fil des années, révèle une influence malsaine sur le développement des enfants
(cf zoom sur l'enfant), et peut laisser craindre également la genèse d’un
SYNDROME D’ALIENATION PARENTALE en
cas de rupture.
Le conjoint victime tentera alors, dans un dernier souffle, de faire appel à nouveau à l’entourage. Sans succès. « Les personnes que vous aimez vous décevront : il faut comprendre que la séduction est forte, et qu’il leur faut un effort pour accepter l’idée qu’elles ont été bernées ». La violence perverse dans la sphère privée
> La rupture est décidée par le
conjoint victime qui voit la fuite comme l’ULTIME
SOLUTION pour protéger ses enfants.
Hélas… force est de reconnaître que la solution (s’il y en a
une…), ne se limite pas à une rupture...
« La famille
a toujours été protégée et le législateur s'interdit de s'occuper des affaires
privées des personnes. D'où la porte ouverte à tous les abus. »
Toute décision prise à l’encontre d’un pervers peut rapidement se
retourner contre un conjoint soucieux du bien être de sa famille. La rupture en
fait partie. En effet, s’il paraît évident que l’éloignement du destructeur ne
peut qu'être profitable au reste de la famille, la réalité est parfois tout
autre.
Le conjoint victime sera envahi d’un sentiment de soulagement
teinté de la peur d’une attaque fatale, effectivement en préparation…
> Le pervers va, en effet,
prendre un temps pour conjuguer tous les atouts qu’il possède, afin de DETRUIRE SON PARTENAIRE.
11ème étape : De l'incompréhension à l'accusation *
« Si
l’interlocuteur n’a pas connu l’expérience ou s’il n’a pas une grande ouverture
d’esprit et d’écoute humaine, la victime n’est pas crue. […] Et il est
déjà tellement difficile sinon impossible d’expliquer ce qui se passe tant la
situation est complexe. En vérité, lorsqu’on cherche à expliquer, on se trouve
ridicule parce que les faits semblent anodins».
« Aucune remise en question de l’agresseur […], d’où son pouvoir de conviction et de manipulation. Par contre, sentiment de culpabilité et malaise de la victime, lorsque la victime ne se retrouve pas elle-même accusée publiquement ou juridiquement.»
> La victime, incomprise jusqu’ici par l’entourage (professionnels et/ou proches), va se voir attribuer LE ROLE DE L’AGRESSEUR. Le véritable coupable, quant à lui, se cachera derrière le masque d’une victime meurtrie.
12ème étape : Des enfants armés*
Les enfants seront parallèlement de plus en plus sollicités par le
pervers pour poursuivre son œuvre destructrice. C’est ainsi que des revirements
impressionnants pourront être observés, nourris par les accusations dont fera
l’objet le conjoint victime.
> Le syndrome d’aliénation parentale sera à présent effectif, à une intensité plus ou moins variable (voir la première thèse de doctorat de médecine sur le "Syndrôme d'aliénation parentale" sur le site acalpa).
Ce scénario
terrifiant n’est pas une fable. A quand le procès des vrais coupables ???
« La perversité narcissique n'est pas dans la nomenclature des pathologies mentales mais surtout c'est qu'elle N'EST PAS une pathologie mentale même si l'agresseur a bien l'air fou ; C'EST UNE PATHOLOGIE DU LIEN ; et la justice ne punit pas la méchanceté car la méchanceté n'est pas un délit. »
t alors dirigés vers les enfants qui sont de plus en plus mal : le partenaire victime fait tout pour les RASSURER et les PROTEGER en cultivant un quotidien vivant et animé